L’échange de lettres est l’occasion pour le filleul de parler de ses études, de sa vie à la maison, dans son village, d’offrir des dessins, et de remercier son parrain de l’aide apportée par le parrainage. Les parrains quant à eux parlent de leur famille, de leur travail, de la France…

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UNE QUESTION DE CULTURE

L’Asie est une culture de tradition orale, rares sont les occasions d’écrire. Les filleuls n’auront pour la plupart qu’un seul interlocuteur épistolaire durant toute leur vie, et ce sera son parrain. Il est difficile pour les enfants de se livrer à des personnes qu’ils ne connaissent pas, de raconter un quotidien qu’ils ont du mal à juger autre que banal et répétitif ; bien souvent, ils n’ont pas dépassé la limite de leur village ou de leur quartier. Comme n’importe quel enfant, l’inspiration leur manque quelquefois (cf. lettre d’une filleule en haut à gauche) ! Nos responsables locaux sont là pour solliciter les filleuls, les motiver et les aider à parler d’eux. Naturellement, la curiosité pour une nouvelle culture entraîne de très nombreuses questions ; cependant, il faut laisser le temps aux enfants de se livrer par eux-mêmes.


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LA QUESTION DE LA LANGUE

Prendre sa plume n’est pas toujours spontané et facile pour un enfant. Mais, parfois les choses se compliquent encore plus pour les filleuls Enfants du Mékong : Il existe à travers toute l’Asie de nombreux dialectes ; pour des raisons de traduction ou parce que son dialecte ne s’écrit pas, un filleul doit parfois écrire dans la langue officielle de son pays (anglais aux Philippines, thaï en Thaïlande…), langue apprise à l’école et qui, dans certains cas n’est pas parlée à la maison ; les enfants sont donc obligés de s’appliquer à écrire une langue qu’ils ne maîtrisent pas nécessairement. C’est pourquoi les plus jeunes s’exprimeront plutôt par des dessins et le vocabulaire des plus âgés pourra rester assez pauvre.

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LE CHEMIN DE LA LETTRE

Le responsable local sur place fait écrire le filleul régulièrement selon un planning établi par Enfants du Mékong ; une fois qu’il a réuni les lettres de tous les enfants (ce qui peut prendre quelques semaines), il les transmet à son traducteur qui, une fois le travail effectué, poste les lettres à l’adresse des parrains, ou les redonne au responsable qui se chargera de les envoyer. Ainsi il n’est pas rare que s’écoulent 2 ou 3 mois entre le moment où un filleul écrit sa lettre et le moment où son parrain la reçoit ! Les lettres écrites par les parrains suivent un parcours à peu près similaire et "rencontrent" les mêmes personnes. Elle sont remises aux enfants au cours de la distribution mensuelle du parrainage ou lors des rencontres régulières entre le responsable et les filleuls.


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Voilà bien du travail pour l’écriture de ces lettres ! Mais quelle joie pour tous, parrains et filleuls, de les recevoir. Ces courriers seront précieusement gardés, de part et d’autre, comme autant de trésors inestimables…

Par Bénédicte Nguyen et Delphine Muller



Ces photos, ainsi que les textes qui les accompagnent seront présentés les 22 et 23 novembre à la Maison de l'Unesco, à l'occasion de l'anniversaire d'Enfants du Mékong.