Par
Marie-Aude Barbé (Chargée de parrainage au Cambodge)

Après onze heures de vol,
c’est à Bangkok que je fais mes premiers pas en Asie. Mais une heure encore plus tard,
ça y est ! enfin je découvre P.P. (Phnom Penh, on aura compris !) et
les personnes avec lesquelles je travaille tous les jours… à 6 000 km de distance ! Le
premier contact est au moins aussi amusant que celui avec les Cambodgiens
aperçus au cours de mon trajet en tuk-tuk de l’aéroport à la Rega, la guest-house où je loge. Comme je m’y
attendais, le dépaysement est bien au rendez-vous, matérialisé d’abord par les embouteillages,
les klaxons, les 4 passagers sur une même moto, des jeunes filles en belles
robes de soirée chevauchant la moto de leur fiancé au mépris de la poussière...
Et tous se faufilent entre les 4x4 Lexus rutilants et d’autres véhicules qui
sont davantage des poubelles à roulettes…
Le premier jour, je
fais la connaissance des jeunes du centre, puis dès le lendemain, je fais ma
première visite de programme avec Élodie (volontaire Bambou), Long Saroeurn et
Savatanah (travailleurs sociaux qui parlent bien français). Direction Samaki,
programme difficile, bidonville en bordure d’un quartier industriel de P.P, très,
très pauvre. Les parents des filleuls sont alcooliques, s’endettent et, pour
couronner le tout, demandent aux enfants de travailler… un schéma que l’on
retrouve malheureusement souvent.
Discussion avec le
père d’un filleul sur la situation de la famille. Le filleul est rentré de
l’école avec ses cahiers et son stylo à la main à ce moment-là : minuscule
bout de chou intimidé par notre présence mais un élève brillant apparemment,
troisième de sa classe, aimant vraiment l’école… Long Saroeurn et Savatanah ont
inspecté ses cahiers… ils n’ont pu que confirmer !